Le Chat Noir, de Montmartre à Vichy
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Le 7 février 1926, Le Moniteur de l'Allier [1] publie sous le titre Le chat noir a vécu ! un article de son rédacteur en chef Louis Lasteyras [2] , maire de Vichy , illustré d'un croquis de ce dernier reproduisant le dessin que réalisa Henri Pille [3] pour illustrer le titre de l'hebdomadaire montmartrois publié par le cabaret Le Chat Noir à partir du 14 janvier 1882 ; dessin repris dans la couverture du premier fascicule de l' Album du Chat Noir [4] publié sous la direction de Rodolphe Salis et du peintre-graveur Henri Rivière [5] . À la suite, Lasteyras « considère comme un devoir de jeter [ses] mauvais vers sur une tombe où jadis on en fit de si beaux ; un souvenir tient aussi bien dans un bouquet de deux sous que dans une couronne de palmes d'or » et livre un poème se terminant par On ne griffe plus le Chat Noir !


Parmi le Tout-Paris artistique qui fréquentait le cabaret les vendredi-soirs, on apercevait Alphonse Daudet , Coppée , le vellave Jules Vallès , Georges Rochegrosse … [6] [7]
À noter dans ce même numéro, l'annonce pour la vente d'un haut-lieu du Vichy festif : La Réserve .

Les vichyssois et les curistes auront l'occasion de découvrir, ou redécouvrir pour certaines, les facéties du Chat Noir .
En août 1895, le parfum des années montmartroises imprègne l'Eden-Théâtre de Vichy avec la salle de six anciens Chansonniers du Chat Noir (l'ironique Jacques Ferny , le mélodiste Paul Delmet , le chansonnier Victor Meusy , le poète Armand Masson , l'humoriste Vincent Hyspa , l'amuseur Marcel Lefèvre , le compositeur Charles de Sivry ) « les apôtres, les protagonistes des penseurs [sic] modernes de la blague fin de siècle, de la cruelle et mordante ironie contemporaine qui s'attaquent, en raillant, à tout » [8] .

Le 12 juillet 1920, l'Eden-Théâtre accueille la Tournée Mylo de Meyer dite du Chat Noir car composé principalement d'anciens fantaisistes du cabaret : Jacques Forny , Mylo de Meyer , Émile Wolf , Jean Guyon , Bert et Claudine de Sivry .
Nous reviendrons dans un futur billet, Louis Lasteyras de Thiers à Vichy via Montmartre , sur le truculent Louis Lasteyras qui maniait tout aussi librement le verbe, la plume, le pinceau ou le crayon ainsi que le coup de poing et le sabre sans se refugier derrière la protection de l'outrage à un représentant de l'autorité publique, bref, un mec qui en avait, et pas derrière .
© Hughes Jean Brivet
[1] (Ancien Vichy-Journal) Républicain Radical Socialiste, N°6, 39ème année, p. 2.
[2] (Thiers, (Puy-de-Dôme), 28 mars 1851 † Vichy 8 décembre 1931). La Base LEONORE indique Saint-Pont dans l'Allier comme lieu de naissance.
[3] (Essômes-sur-Marne (Aisne), 4 janvier 1844 † Paris, 4 mars 1897).
[4] Qui contient un poème de l'écrivain bourbonnais Théodorede Banville dédié à son maître le poète François Villon, illustré par son fils adoptif Georges Rochegrosse.
[5] (1864 † 1951).
[6] L. Darcy dans Le Moniteur de l'Allier du 21 octobre 1928 pense qu'Alfred Gandoin, préfet de l'Allier, fréquentait le cabaret étant jeune.
[7] Il est amusant que Jehan Rictus(1867 † 1933,) y donnât une représentation des Soliloques du Pauvre dans lesquels est représenté un autre Salis : le pittoresque André Joseph Salis(Ambert (Puy-de-Dôme), 28 juillet 1848 † Paris, 24 juillet 1903) sur lequel nous reviendrons en juillet dans un prochain billet :Joseph Salis dit Bibi-la-Purée dit Louis XI, d'Ambert au Quartier Latin.
[8] Le Moniteur de l'Allier, 18 août 1895.