Victor Collodion de Clermont-Ferrand à New-York via Vichy
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Originaire de Lille, Victor Alexandre Louis Malfait dit Collodion (12 juin 1842 † 22 novembre 1873) travaille chez l'imprimeur lithographe Claude Louis François Decourt [1] à Macon après avoir été apprenti photographe à Clermont-Ferrand.
Un passage à Saint-Étienne, et Collodion « grand jeune homme à l'air doux, presque timide [ayant] conscience […] de la dextérité de son crayon » [2] revient à Clermont où il crée deux publications satiriques imprimées par Mont-Louis : La Mouche Clermontoise (1867) et La musette clermontoise (1868) .
La Mouche Clermontoise composée de 4 pages avec en couverture des portraits chargés de personnalités, lithographiés en noir ou en couleur, ne dure que vingt-six numéros publiés du 7 juillet 1867 au 29 décembre 1867. Le rédacteur en chef était, pour les six premiers numéros, Francisque Bathol [3] , dont le portrait-chargé orne le premier numéro.
Le 26 janvier 1868, La musette clermontoise lui succède pour quatre numéros jusqu'au 16 février 1868 contenant outre la caricature de couverture des portraits chargés intercalés dans le texte.
À la suite, il fournit quelques dessins à Francisque de Biotière [4] pour son journal humoristique, Turlututu , dont le premier numéro parait le 17 mai 1868, imprimé par Fudez Frères [5] .
Collodion collabore à Bordeaux avec l'hebdomadaire dirigé par Lucien de Marsy , Le Gaulois , d'octobre 1868 au 28 mars 1869 ; après ce numéro où il se représente victime de la censure gouvernementale.

Parmi les autres couvertures signées par Collodion , citons :
« V. COLLODION – Étienne LOUSTEAU – G. ESCLARD – L. DASH – PANURGE Rédacteurs du Gaulois ». 20 décembre 1868, 3ème année, 2ème série, numéro 35.

« Le Droit de la Réunion ». 28 février 1869, 4ème année, 3ème série, numéro 42.
Collodion vient alors à Vichy où il croque les personnalités locales et les curistes. Le dessinateur bisontin Bertrand le dessine, de profil à gauche et de face, dans son journal à la date du lundi 17 août 1868 et signale que Collodion venait de faire un Portrait chargé du directeur de l'établissement pour le Programme [ ! le Programme de Vichy , imprimé par Arthur Wallon à Vichy près la Gare !] .

Collodion se met en scène, assis de profil tourné vers la droite sur un ALBUM VICHY 1869 , une plume lithographique à la main.

Instabilité ou charges dérangeantes pour les publicistes, Collodion délaisse, avec un certain succès, les journaux pour les scènes de province puis parisiennes, écrivant quelques chansonnettes. Tout en multipliant ses charges instantanées, parfois envoyées à des amis sous forme de cartes lisibles que pliées d'une certaine façon.
À Paris, il est acclamé sur la scène de l' Alcazar jusqu'au soir où un portrait chargé du comédien Léonce [6] , hypothétique caricature d'Adolphe Thiers , actif, de nouveau, le rasoir de l'auto-censure des directeurs de théâtre.
Exceptée une invitation du théâtre royal londonien, le Covent Garden ., où Collodion dresse de rapides portraits chargés sur des grands formats lors de la féérie Babil & Bijou de l'irlandais Dion Boucicault [7] . F. Walters réalise l'affiche pour le numéro de Victor Collodion et la féérie Babil & Bijou au Covent Garden Theatre d'après un dessin de Collodion .

Le succès obtenu lui ouvre les portes d'autres salles anglaises comme l' Alhambra à Londres et le Royal Theatre à Manchester ou américain, l' Olympic Theatre à New-York.
Le Sifflet [8] , hebdomadaire anti-bonapartiste fondé par Arthur Lévy , du 19 janvier 1873 publié, en couverture [9] de son numéro 53, une estampe de Yves & Barret d'après Collodion , L'homme qui lit Shakespeare ., sous le titre Quel danger court cet homme ?
Avant son départ des États-Unis d'Amérique, Collodion épouse le 26 juillet 1873 une artiste d'origine lyonnaise, Françoise Bertillot.
Après le naufrage de la Ville-du-Havre le 22 novembre 1873, le quotidien fondé par Léon Gambetta , La République française [10] , mentionne « la disparition de l'un de nos confrères de la presse départementale et de sa famille. Il s'agit d'un homme qui avait servi la démocratie dans le Contribuable [11] , de Rochefort, en 1869. Il est porté sur les listes des victimes, sous le pseudonyme de Collodion, qu'il avait emprunté à son métier de photographe, à l'aide dont il s'était fait, dans ces derniers temps, une existence honorée et honorable ». De retour de New-York sur ce transatlantique, Collodion , les poches remplies de billets et « d'une provision de croquis destiné au Sifflet », et son épouse disparaissent avec 224 autres passagers et membres de l'équipage dans les eaux de l'océan Atlantique.
Bibl. : DicoSolo , p. 181 ; FIF1800 , vol. 6, p. 101. Notice rédigée à partir d'une présentation bibliographique de notre confrère Michel Thévenet lors de la vente d'un lot de 25 numéros de La Mouche Clermontoise.
© Hugues Jean Brivet
Notice extraite de mon ouvrage, Vichy et ses environs vus par les artistes 1800 – 1950 , à paraitre premier trimestre 2026.
[1] Né le 12 avril 1836 à Macon,Decourtexerce son brevet de lithographe du 27 octobre 1864 à 1871.
[2] AnatoleLe Guillois, « Victor Collodion »,Le Sifflet, 14 décembre 1873, p. 3.
[3] (Clermont-Ferrand, 25 octobre 1829 † 31 juillet 1880) Ancien élève du Petit-Séminaire de Clermont-Ferrand, maréchal-ferrant (son atelier était situé place Michel-de-l’Hospital) et chansonnier..
[4] (Moulins, 21 février 1836 † Paris, 27 avril 1888). Apprenti typographe chezDesrosiersà Moulins, puis prote chez Tolmer à Paris,Biotière, revenu à Moulins, fonde deux journaux éphémères :Belphégor, et,Turlututu. FrancisqueMégeattribue à tort la création duTurlututuàCollodion(Les journaux et écrits périodiques de la Basse-Auvergne (département du Puy-de-Dôme) Notes pour servir à une bibliographie de l'Auvergne, Paris, AugusteAubry, 1869, Imp. FerdinandThibaud, Clermont-Ferrand, 142 p.).
[5] Voir mon ouvrageÉdouard Pépin, un quart de siècle de caricaturesSuivi deFudez Frères Imprimeurs à Moulins,Notes sur les imprimeurs bourbonnais cités.
[6] Comédien et chanteur (Paris, 12 janvier 1820 † Le Raincy, 19 février 1900).
[7] Dionysius LardnerBoursiquot(Dublin, 26 décembre 1822 † New York, 18 septembre 1890).
[8] DicoSolomentionne une collaboration en 1872 dont je n'ai pas trouvé trace en consultant les numéros de cette année-là.
[9] Illustrée d'ordinaire par le caricaturiste et illustrateur HenriMeyer.
[10] 6 décembre 1873, p. 2.
[11] À l'exception de cette mention, je n'ai pas trouvé trace de cette contribution.
1 commentaire
Bonjour
Pouvez-vous me dire comment se procurer votre livre s’il vous plaît ?
Je vous remercie